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Après L'indignation, L'engagement!

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L'année 2011 fut une année inoubliable. Nous avons connu l'une des campagnes électorales les plus exaltantes de l'histoire québécoise, plusieurs la comparant à celle de 1976. Principale organisatrice de ma propre campagne, j'ai été aux premières loges du succès du NPD et j'ai été élue députée fédérale de Québec. J'en garde de très beaux souvenirs, car je ne me souvenais pas avoir vu autant de gens me parler de politique aussi positivement. Ce qui est formidable, c'est que je sais que c'est possible depuis.

Les citoyens qui ont voté pour le NPD étaient fortement motivés par le désir du changement. Ils ont gagné leurs élections, car ils ont grandement modifié la carte électorale et mis en place toute une génération de nouveaux politiciens. Ils ont littéralement changé la face de la politique à Ottawa.

Également désireux de dénoncer et de changer les mauvaises pratiques socio-économiques, des citoyens se sont regroupés et ont pris part au mouvement des indignés. De Québec à Vancouver, en passant par Madrid et Wall Street bien sûr, les indignés se sont taillés une place de choix. Ils ont compris qu'ensemble, ils constituaient une force intéressante.

On a souvent parlé du 99% de la population versus le 1% restant, la masse face aux ultras riches. Ces chiffres sont effectivement plus faciles à comprendre et c'est pourquoi ils sont utilisés si souvent. Or, il ne faut pas tomber dans le piège d'un affrontement des uns envers les autres, et surtout pas dans l'idée que les plus démunis ne font qu'envier les plus riches. Ce sont des droits de la personne dont il est question: tous devraient pouvoir se loger, se nourrir, etc. Il faut sortir de la pensée productiviste actuelle du «faire toujours plus» et mettre en place les moyens pour être véritablement créateur de richesse et aller vers une pensée du «faire toujours mieux».

Ainsi, en politique comme dans le mouvement des indignés, nous avons vu en 2011 des gens qui ont su identifier des raisons valables de vouloir changer les choses et qui les ont exprimées. Et à la lecture de ce constat, je demeure persuadée que la conséquence inévitable de l'indignation des citoyens, c'est l'engagement. Que ce soit l'engagement communautaire ou l'engagement politique, il importe que les citoyens s'impliquent davantage. Signer une pétition ne prend que quelques minutes. Aider quelqu'un dans le besoin ou militer pour l'instauration d'une nouvelle politique prend quelques minutes de plus. Il importe que les citoyens prennent conscience de l'impact qu'ils peuvent avoir sur la société. Pour les plus sceptiques ou les plus pessimistes, il est bon de rappeler que les changements surviennent la plupart du temps après l'intervention d'une poignée de leaders que l'on décide de suivre.

En décembre dernier, j'ai assisté à une conférence donnée par Mgr Dennis Drainville. Il parlait du plus sérieux déficit auquel le pays faisait face en tant que nation, soit son manque de leadership. Un jeune homme lui a alors demandé où étaient passés les (bons) leaders. L'archevêque s'est excusé à l'avance de sa réponse, pensant bien qu'elle ne serait pas satisfaisante, et il a répondu que les leaders étaient là devant lui.

Selon moi, il ne pouvait être plus juste. Nous pouvons nous indigner et nous avons raison de le faire, mais c'est aussi notre devoir de s'engager par la suite. En réalité, l'engagement est le meilleur remède que l'on a face au cynisme ambiant.

Peu de temps avant son décès, le regretté Jack Layton rappelait que l'espoir et l'optimisme doivent être au cœur de l'engagement. Ce sont ses valeurs aujourd'hui que les députés du NPD défendent. Et face à un gouvernement conservateur aussi intransigeant, il ne faut surtout pas perdre espoir. Il faut agir et s'engager.