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La France a besoin d'un Centre fort!

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BORLOO
Getty Images

La politique est souvent histoire de symbole

En lançant sur les fonts baptismaux l'Union des Démocrates et Indépendants (UDI) ce dimanche 21 octobre en ce lieu emblématique des combats sociaux, qu'est la Mutualité, Jean-Louis Boorlo lance bien plus que le rassemblement des familles centristes éparpillés entre les deux partis majoritaires d'alternance!

La création de ce nouveau parti de plein exercice va, en effet, bien au-delà de la simple addition de plusieurs formations politiques jusqu'à présents éparpillées entre la gauche et la droite. C'est justement cette dynamique de l'unité retrouvée, du mouvement de rassemblement d'idées et de talents qui s'engage qui en fait justement sa force créatrice.

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La Gauche Moderne, qui a défendu, en soutien participatif à l'ancienne mandature comme dans son opposition active à l'actuelle, le réformisme, le progressisme, le social-libéralisme, l'Europe sociale et politique comme des valeurs cardinales de la vie politique française se devait de répondre présente pour le lancement de ce nouveau parti!

Confirmation d'un choix que nous avions déjà défendu, du reste, durant les dernières élections législatives et dont nous n'avons eu de cesse de rappeler la pertinence depuis l'élection présidentielle du 6 mai dernier.

Le bureau politique de La Gauche Moderne a ainsi adopté à l'unanimité les modifications statutaires permettant à tous ses membres d'adhérer à l'Union des Démocrates et Indépendants (UDI) en conformité avec son pacte fondateur présenté à la Mutualité et qui sera confirmé lors du Congrès fondateur en mars prochain.

L'UDI est maintenant notre famille politique

Sans aucun reniement, ni abandon de notre identité progressiste, nous croyons désormais que c'est dans ce nouveau mouvement que notre spécificité de femmes et d'hommes issus de formations politiques de gauche ayant choisi en 2007 et en 2012 de défendre nos idées face à un PS, désespérément sourd au monde qui l'entoure, s'épanouira.

Nombreux sont les Français, qui en six mois de faux semblants, de mesures homéopathiques, de diagnostics erronés et de choix contraires à leurs intérêt - confronté à une crise d'une gravité sans précédent-, qui attendaient la construction de cette force politique centrale dont la France a besoin.

Jean-Louis Borloo avait eu l'amitié de venir à Mulhouse, le 25 septembre dernier, lors des Journées traditionnelles de rentrée de La Gauche Moderne pour préciser les contours de son projet et confirmer que les Français, au-même titre que les citoyens européens veulent combiner Démocratie et République.

Le mouvement engagé par le président du Parti Républicain, Radical, et Radical-socialiste, plus vieux parti de France, n'est pas sans rappeler la création du mouvement politique du Sillon, expression d'un catholicisme à la fois social et laïque, auquel je suis sensible, dont le but était de réaliser en France la République démocratique. C'est aussi en cherchant la voie du solidarisme, cher au radical Léon Bourgeois, que l'on affirmera la prégnance de « la main tendue plutôt que le poing fermé, de la mutualité "règle suprême de la vie commune" contre la charité réduite à "une pitié agissante", comme il aimait à le répéter.

C'est ainsi, en humanistes, forts des valeurs constitutives de notre pacte social, que la recherche de la régulation européenne ainsi que celle d'une meilleure gouvernance internationale, nous engage sur le chemin de la prise en compte de la "République monde". Néanmoins, selon le vieil adage, "comparaison n'est pas raison", la reconstruction pierre à pierre de l'édifice centriste requiert patience et détermination et doit avant tout tenir compte de l'émergence de nouvelles expressions et exigences politiques, à l'instar du social-libéralisme, qui ne jouit pas en France, hélas, de la même aura qu'ailleurs en Europe.

C'est du reste ce qui fait la différence entre un parti socialiste français, toujours empêtré dans ses contradictions et courants internes, comme la ratification du traité de stabilité financière, a contribué à le mettre en exergue. Bon nombre de partis sociaux-démocrates, pragmatiques au point de gouverner, en bonne intelligence avec les autres forces politiques -au gré de la "flexisécurité", de la compétitivité des entreprises et de l'attractivité économique des territoires-, par lesquelles passent inévitablement la re-croissance et la stabilité de l'emploi, démontrent ainsi en quoi le libéralisme de gauche est une réponse efficace et durable face à la crise. Au-delà des valeurs communes qui ont toujours porté par le passé, le centre-gauche et le centre-droit, à se rencontrer précisément au firmament de l'échiquier politique, c'est bien un message commun d'avenir, fédérateur autant que porteur de combats d'avenir qu'il s'agit de définir plus précisément et ce, en direction de catégories de Français qui ont boudé non seulement les urnes, les partis politiques mais qui ont aussi perdu leur foi dans l'action civique et sociétale.
Le débat nécessaire quant à la structuration de cette nouvelle force de rassemblement doit, dès lors, respecter quelques étapes préalables à son succès et garantissant sa pérennité. Il faut ainsi y ancrer une culture démocratique interne autant que garantir les mesures de confiance mutuelles : il en va du respect des diversités et de l'exigence de complémentarité entre nos traditions politiques propres à nos identités respectives.

Le chantier est immense mais passionnant

Mes amis et moi, au sein de La Gauche Moderne, allons y contribuer activement, en y apportant notre dynamisme et notre volonté de réformer notre pays en profondeur, comme d'autres l'ont fait ailleurs en Europe. Car c'est sans conteste sur les idées et ses valeurs -humanisme, réformisme, solidarisme- que la famille centriste reconquerra les territoires perdus électoralement et regagnera ainsi sa légitimité.

Pour ce faire, le premier des combats est celui qu'ont toujours porté les réformistes: celui de l'Europe; à l'instar de Robert Schuman et Jean Monnet qui, en jetant les bases de l'Europe économique à travers la création de la Communauté européenne du Charbon et de l'Acier (CECA) en mai 1950, ont lancé bien plus qu'une idée fédératrice ; Ils ont engagé une méthode, celle de la politique pragmatique des petits pas et d'une vision fédérative, qui demeure au cœur de l'ADN centriste. Nul doute que le travail qu'engagera l'UDI en profondeur sur ce chantier, dont le débat initié à la Mutualité en appelle bien d'autres, autour de Jean Arthuis, chargé par les fondateurs de l'UDI de la redéfinition d'une vision européenne du centre. Cette légitime ambition -visant à aller comparer et puiser dans les modèles de réussites sociaux-économiques et politiques de nos voisins-, sera, pour les membres de la Gauche moderne, fortement engagés et de longue date dans ce combat sociétal, autant une priorité qu'une nécessité!

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