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Qui Va Relancer L'économie : Le Politicien Ou L'entrepreneur?

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La situation économique québécoise est morose. Pertes de 57 800 emplois en un an et une croissance inférieure aux prévisions laissent présager une année difficile, alors que 2012 risque d'être une année électorale. On peut parier que les partis politiques feront de l'économie leur priorité. Mais faut-il vraiment appeler le gouvernement en renfort ou compter plutôt sur l'ingéniosité des Québécois eux-mêmes pour retrouver le chemin de la croissance?

Autrement dit, qui va relancer l'économie?

a) Le politicien, qui dispose de plusieurs outils d'intervention; ou

b) L'entrepreneur, sachant que la meilleure aide que l'État puisse lui offrir, c'est d'être moins dans ses jambes.

On entend souvent dire que, grâce à des dépenses publiques, le gouvernement peut relancer l'économie. Dépenser plus alors que les revenus gouvernementaux diminuent peut créer des déficits, mais certains pensent encore que l'endettement du gouvernement n'est pas réellement inquiétant.

Dans les faits, les dépenses gouvernementales ne sont pas la panacée que beaucoup y voient. Même si elles l'étaient, les dépenses pour les routes ou pour d'autres infrastructures ne se décident pas du jour au lendemain, à moins d'accepter de tourner les coins ronds, ce qui ouvre la porte à toutes sortes d'abus, comme le contrat des compteurs d'eau à Montréal. Le gouvernement du Québec, qui avait annoncé un programme d'infrastructures juste avant la récession, a en quelque sorte été «chanceux» qu'un drame comme le viaduc de la Concorde vienne lui dicter ses choix.

Quant à la dette publique du Québec, vous pouvez vous rendre compte par vous-mêmes qu'elle est véritablement préoccupante.

Pour le gouvernement, la tentation d'intervenir est forte

Les pertes d'emplois ne sont jamais une bonne nouvelle, surtout pour ceux qui les subissent. Personne ne peut rester insensible aux travailleurs qui, du jour au lendemain, perdent un revenu, un milieu de travail, des collègues, etc. Toutefois, si une entreprise ferme, c'est généralement parce qu'elle n'est pas compétitive et l'intervention du gouvernement n'y changerait rien. Si cette leçon pouvait être apprise une fois pour toutes, bien des déboires seraient évités. Pensons à la Gaspésia!

Au lieu de se transformer lui-même en entrepreneur, le gouvernement peut choisir d'aider certaines industries ou entreprises par le biais de subventions et d'aides fiscales variées. C'est la situation qui prévaut actuellement au Québec, où les subventions aux entreprises d'environ 4 milliards de dollars par année représentent l'équivalent de 500 $ par habitant. L'Ontario se contente pourtant de 200 $ par habitant. En plus, on a toutes les raisons de croire que les subventions aux entreprises ne sont pas vraiment efficaces.

Une fiscalité moindre pour favoriser les entrepreneurs

Le dernier en date à avoir dénoncé l'inefficacité des subventions aux entreprises est Nicolas Marceau, le critique en matière de finances du Parti Québécois. « On donne plusieurs milliards de dollars par année en aide directe aux entreprises, mais de toute évidence, cette stratégie ne fonctionne pas », dénonce-t-il. Il mise plutôt sur une stratégie combinant une réduction du taux d'imposition des sociétés et une diminution des subventions pour stimuler l'investissement privé. En bref, laisser la place à l'ingéniosité et à la créativité des entrepreneurs québécois.

Nicolas Marceau n'est pas le seul à proposer une telle solution. Lors des dernières élections fédérales, l'an passé, Stephen Harper et Jack Layton proposaient chacun à leur façon de réduire le fardeau fiscal des entreprises.

Les récessions et les fermetures d'entreprises chamboulent la vie de bien des gens. Par contre, elles créent aussi de nouvelles possibilités. Mieux que quiconque, les entrepreneurs savent transformer des conditions changeantes en occasions d'affaires. Tous ne réussissent pas, mais parce qu'ils sont nombreux et motivés, les entrepreneurs qui ont du succès créent des emplois et dynamisent l'activité économique.

Les Québécois gagneront à faire confiance à leurs entrepreneurs pour relancer l'économie. On pourrait aussi leur faire confiance pour améliorer nos soins de santé, qui en ont bien besoin. Et on pourrait se demander comment faire pour qu'il y ait davantage d'entrepreneurs parmi nous.