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Les députés péquistes pansent leurs plaies avant le conseil national

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PAULINE MAROIS
La chef du Parti québécois, Pauline Marois (PC) | PC

JOLIETTE, Qc - Secoués par des mois de luttes intestines qui ont culminé avec la décision de Gilles Duceppe de rester à l'écart de la politique, les députés péquistes se sont réunis pour panser leurs plaies, mercredi, et démontrer leur unité derrière la chef Pauline Marois, présentée comme la «dame de béton».

En se rendant au caucus, le député de Drummond, Yves-François Blanchet, a affirmé qu'après la «tempête des derniers mois», le retrait de M. Duceppe a un impact positif.

«On a eu cette espèce d'hypothèque au-dessus de nous autres, sur le désir ou non de M. Duceppe d'être chef, qui n'existe plus aujourd'hui, a-t-il dit. C'est un allègement significatif, on ne se contera pas de menteries.»

L'ex-chef bloquiste Gilles Duceppe avait indiqué la semaine dernière sa disponibilité pour prendre le relais de Mme Marois. Mais à la suite de révélations concernant la gestion des fonds prévus pour son personnel de cabinet, M. Duceppe a choisi, dimanche, de rester à l'écart de la politique jusqu'à nouvel ordre.

Mercredi, la députée de Taschereau, Agnès Maltais, a vanté le leadership de Mme Marois, fortement critiquée au cours des derniers jours par des partisans de M. Duceppe et par l'ancien premier ministre péquiste Bernard Landry.

«Il y a un sentiment d'unité comme ça fait longtemps que je n'ai pas senti, a-t-elle dit. Vous avez vu quand même, on ne niera pas la réalité, il y a eu des démissions et tout, mais là on sent aujourd'hui que Mme Marois a traversé toutes les épreuves.»

Mme Marois est la «dame de béton», a lancé Mme Maltais, reprenant à son compte l'expression d'un chroniqueur pour illustrer la combativité de la chef péquiste.

Dressant ensuite un premier bilan de la réunion des députés, la whip en chef Nicole Léger a déclaré que les discussions avaient été «franches».

«Nous sommes un caucus serein, a-t-elle dit. Vous voyez, on est de bonne humeur.»

Les membres du caucus péquiste qui avaient laissé entendre des critiques, au cours des derniers mois, ont adopté un profil bas.

Avant la réunion, le député de Marie-Victorin, Bernard Drainville, s'est fait avare de commentaires, se limitant à dire qu'il s'attendait à de «très bonnes discussions».

M. Drainville a provoqué des vagues chez ses collègues en pressant Mme Marois, il y a une dizaine de jours, de conclure des alliances stratégiques avec Québec solidaire afin d'éviter la disparition du Parti québécois.

Le député de Bertrand, Claude Cousineau, et son collègue de Verchères, Stéphane Bergeron, qui avaient émis des critiques envers Mme Marois au cours des derniers mois, se sont rangés derrière leur chef.

M. Bergeron s'est défendu d'avoir manqué d'enthousiasme envers elle, la semaine dernière, alors que M. Duceppe indiquait sa disponibilité pour la remplacer.

«Je ne regrette pas de ne pas avoir appuyé ouvertement ma chef, a-t-il dit. Je ne sais même pas pourquoi c'est une question. On ne peut pas répéter indéfiniment une énième profession de foi. On a à plusieurs reprises manifesté notre appui.»

Le député de Beauharnois, Guy Leclair, exclu temporairement du caucus péquiste en raison de propos controversés au sujet de sa chef, l'automne dernier, a souligné les qualités de Mme Marois.

«On va commencer 2012 positivement, a-t-il dit. (...) On dit de Mme Marois que, définitivement, elle a toutes les compétences, on dit aussi de Mme Marois qu'elle est une personne très intègre et je crois définitivement qu'avec tout ce qu'elle a vécu, c'est une fonceuse et elle ne laisse pas tomber. Alors je pars avec ça et j'espère que tout va bien aller.»

La semaine dernière, le vice-président de l'association péquiste de Beauharnois, Marc Laviolette, avait réclamé que Mme Marois cède sa place à M. Duceppe.

Le député de Berthier, André Villeneuve, a quant à lui déclaré qu'il n'avait pas fait partie des «mutins», l'automne dernier.

M. Villeneuve a affirmé que son parti, qui traîne en troisième place dans les sondages derrière la Coalition avenir Québec et le Parti libéral du Québec, éprouve des difficultés à «connecter» avec la population.

«Tout le monde a une responsabilité dans ce fait-là, a-t-il dit. On doit travailler maintenant à nous reconnecter à la population.»

Le caucus des députés est le prélude à un conseil national qui se tiendra à Montréal en fin de semaine, où des propositions de réformes de la politique seront débattues.

Les alliances stratégiques avec d'autres partis ainsi que les conditions entourant le départ de transfuges et de démissionnaires seront à l'ordre du jour.