
Lundi : On n'a pas fini de disséquer les déclarations du futur-candidat-toujours-Président au Fig'mag, support choisi avec soin pour les thèmes qui devaient y être abordés. Photo grave mise en page avec soin par ce journal où il est chez lui. Valeurs revendiquées : « Travail, responsabilité, autorité ». N'est-il plus de mise, le beau tryptique républicain « Liberté, égalité, fraternité » ?
L'annonce de deux référendums, l'un sur l'indemnisation des chômeurs, l'autre sur le droit des étrangers, donne le ton-Buisson ardent de cette entrée en campagne.
Mardi : visite d'une usine de photovoltaïque, Photowatt, à Bourgoin-Jallieu. Humeur badine du futur candidat. L'usine en péril sera sauvée par EDF, après Lejaby par LVMH.
Va-t-il se déclarer? Non, mais tout le monde sait que ce sera pour demain, sur TF1.
Mercredi : D Day comme disent les Américains. Facebook et Twitter activés, le Président annonce lui-même dès 8h du matin qu'il sera sur le plateau de TF1. Selon la direction de la chaine, elle n'aurait été prévenue que plus tard, dans la matinée. Pardi !
Le Huff Post publie une « lettre ouverte d'une assistée » à Nicolas Sarkozy : Annick Mauriange, avec ses mots simples et le montant de son RSA de 55 euros, déclenchera des milliers de lectures de sa tribune où elle se dit « outragée » par les propos présidentiels. Un record.
Mais la machine sarkozyste a mieux à faire que surfer sur le Huff Post et elle se met en place à toute allure. Avec succès d'ailleurs, car toute la presse en fait des tonnes sur le thème « c'est ce soir que ». Si nous faisions notre métier normalement, au lieu de claironner tous les quarts d'heure que le Président va déclarer sa candidature le soir même, on ne devrait y consacrer qu'une brève nouvelle. Mais nous sommes dans une monarchie gouvernée par la communication, et quand de Gaulle, Giscard, Mitterrand ou Chirac annonçaient...qu'ils allaient annoncer quelque chose, la presse - dont je ne m'exclue pas - entrait en transes. Pareil aujourd'hui. Elle frétille en boucle.
Cécilia lui souhaite bonne chance sur Twitter. Mais Louis, dont le « bonne chance mon Papa » avait fait causer en 2007, se tait, sagement.
Voilà donc Nicolas Sarkozy à 20h10, face à Laurence Ferrari. Il a l'air tendu et en même temps paisible, sobre. Il se dit soulagé de pouvoir enfin parler aux Français. Giscard avait employé les mêmes mots en 1981. Mais quelle est donc cette fonction-prison qui empêche le Président de parler à ses concitoyens pendant 5 ans, et dont il faut se libérer pour pouvoir s'adresser à eux ?
Curieuse, la référence au capitaine qui ne doit pas quitter le navire, alors que chacun a dans la tête la malheureuse histoire du Costa Concordia lamentablement échoué.
Et contrairement à ce qu'on avait dit, pas d'annonces sinon la volonté de recourir au référendum, pratique qu'il aime tellement qu'il n'en fit pas usage pendant 5 ans. Redonner la parole au peuple. Mais qui donc la lui avait dérobée ? Et, si je ne me trompe, c'est le 22 avril et le 6 mai que le peuple aura la parole.
Le slogan est prêt, qui sera décliné en affiche dès le lendemain et abondamment détourné sur Internet. Ce n'est pas « La force tranquille » sur fond d'église rurale façon 1981 mais « la France forte » sur fond marin.
L'autocritique ? Ce n'est pas l'heure. Il se contente de dire qu'on ne peut pas tout réussir en 5 ans, sans aborder ce qui fut franchement raté.
Il condamne franchement le député UMP qui vient de récidiver dans ses diatribes homophobes. C'est bien. Il rappelle toutefois qu'il est hostile au mariage homosexuel, ce qui va faciliter dès le lendemain le ralliement de Christine Boutin. Celui d'Hervé Morin quelques heures plus tard sera aussi salué par le camp Sarkozy comme la preuve -évidente - d'un grand rassemblement autour du président sortant.
Jeudi : En tout cas, Hollande a provisoirement disparu. Son meeting à Rouen fut occulté par Sarkozy au 20h. Et sa réaction ce jeudi sur le même plateau n'est ni très forte ni convaincante. Il m'a paru sourire à contretemps.
Sarkozy tient meeting à Annecy. Le ton est décidé et volontairement populiste. « Se soucier de ce que pense le peuple c'est du populisme » ? dit-il, en récusant ce mot comme tous ceux qui en font usage. Mais comment qualifier autrement la stigmatisation des corps intermédiaires, des syndicats, des partis, des commentateurs, de l' « entre-soi », des élites économiques, administratives, des « castes » qui ne veulent rien lâcher ?
« Ce sont les mêmes qui criaient à la forfaiture ! » apostrophe-t-il, en faisant référence au référendum de 1962 qualifié en effet de forfaiture par Gaston Monnerville, alors Président du Sénat, et opposant farouche à la réforme constitutionnelle voulue par le Général. Mais qui se rappelle encore ce valeureux notable ? Et qui se souvient encore du « régime des partis » de la IVème République » ? Ce devait être, nous disait Nicolas Sarkozy hier soir, la première vraie élection du XXIème siècle (pourquoi d'ailleurs 2002 et 2007 seraient-elles reléguées au XXème ?), et il parle aux Français de la IVème, disparue depuis 54 ans ?
Les propos se durcissent: Sarkozy accuse Hollande de « mentir », qui à son tour le traite de « falsificateur ». Mais on vous le jure, la campagne sera belle.
Vendredi : Et Carla vint. L'épouse du Président de la République qui - à l'époque où le Président disait dévorer tardivement la Chartreuse de Parme - nous avait été dépeinte comme fine, cultivée et raffinée (ce qu'elle est sans doute), aimant les films de Mankiewicz ou de Fellini, vante dans le Figaro-TV-Mag dont elle fait la couverture - oh non, encore Le Figaro ? - les émissions qui ne sont pas parmi les plus haut de gamme de la télévision : « L'amour est dans le pré » ou la « Star-Ac ». Pourquoi jouer? En voulant « faire peuple », ne le méprise-t-on pas, en choisissant non pas ce qui vous ressemble mais ce qu'on croit qui va plaire ?
Samedi : Tiens, une idée. Pas toute neuve, il est vrai. Il faut plus de magasins ouverts le dimanche, nous dit Nicolas Sarkozy. Cela facilite il est vrai la vie du citoyen-consommateur quand il va à l'hyper marché à l'heure de la messe. Cela complique celle du salarié de ces magasins du 7ème jour. Vieux débat. Mais Robert Rochefort, vice-président du Modem, semble plein de bon sens quand il dit que ce qui manque aux Français ce n'est pas le temps pour faire des achats, mais les moyens pour les faire.
Tiens et le Modem, justement ? Etouffé, comprimé, comme Marine Le Pen, dans le rouleau bi-partisan de la « Sarkhollande », comme dit Bayrou. Il est presque drôle, alors qu'il est candidat pour la troisième fois à l'élection présidentielle, qu'il n'ait pas encore compris que le système français ne sourit pas aux centristes.
Mais aujourd'hui samedi, c'est visite. Du QG sarkozien. Nicolas improvise et répète quatre fois qu'il veut aller à la rencontre des Français, et qu'il n'aura pas d'équipe pléthorique. Une pierre dans le jardin de Hollande dont l'organigramme de campagne a été considéré comme abondant et voulant donner une place à chacun. Il faut dire que seule NKM, qui sera porte-parole, est citée par NS 2012- comme l'appellent les affiches entrevues - pour « son talent, sa force et sa douceur ». Un QG de 600 m2, qu'on a pu visiter sur le site du Parisien. Moderne, fonctionnel, bureau dépouillé, un Ipad en vue mais pas d'ordinateur, des photos de lui, d'elle, de Mandela, des livres de Raymond Depardon sur les Français - évidemment -, une Tour Eiffel bleu, blanc, rouge, et une compil' de Johnny.
Allez, foin d'ironie. Le QG de Hollande est deux fois plus grand, dans un quartier deux fois plus chic. Qu'aurait-on dit si Sarko s'était installé dans le VIIème arrondissement ?
Dimanche : Marine Le Pen prétend que l'abattage du bétail en région parisienne serait exclusivement hallal. Jolie polémique en perspective, qui va sûrement apaiser les tensions.
Jean-François Copé, fait sur BFM, le sale boulot avant le premier grand discours du candidat Sarkozy à Marseille : François Hollande, dit-il en substance, est souvent qualifié d'habile, de normal, parfois de drôle, mais jamais de courageux. « Le courage, un mot que vous n'entendrez pas prononcer à propos de François Hollande ». Joli coup de pied qui va sûrement faire monter le niveau du débat de la campagne.
Mais place au candidat qui entre sur une musique martiale faite pour un film de guerre produit par la Fox. La foule est dense, 12.000 personnes enthousiastes, des « Nicolas » familiers sont scandés par les supporters. On vous a déjà dit qu'il était le candidat du peuple et pas celui des élites?
« Jeune, j'ai aimé la France sans le savoir », c'est gaullien, éloquent, ça dope les énergies et ce n'est pas si mal finalement de déclamer une ode à son pays quand on prétend le (re)gouverner ! Henri Guaino, qui a visiblement écrit le discours, s'est déchainé. Carla, elle, joint les mains.
Vient le bilan, sans nuances : « nous avons réussi à échapper à la catastrophe ». Grâce à qui? A celui qui comprend la crise, qui dit la vérité, qui est responsable. Et gare à celui qui ne croit pas à son pays, qui ne le comprend pas, qui change d'avis comme de chemise, dont les propositions sont « irresponsables et moralement condamnables », qui ment tous les jours, et qui vole le travail d'un ouvrier pour glaner quelques voix (référence à Fessenheim que François Hollande a dit vouloir fermer parce que la centrale est sur une zone sismique). La charge est violente, féroce, meurtrière. Mais surtout, « ne pas nous insulter », « pas d'attaques basses », cela ne serait pas digne. « Agitation, légèreté, obsession, obnubilation, violence, insulte » a déjà répondu François Hollande qui menace : les hauts fonctionnaires liés au système Sarkozy « devront laisser la place ». Mais surtout, ne pas tomber dans les « pugilats de cour de récréation », ce ne serait pas convenable.
Pour l'heure, le président sortant aurait gagné un demi point au premier tour et deux au second. Il lui reste du chemin à faire, même si les spectateurs de Marseille sont repartis gonflés à bloc après le bain de foule du président et de sa femme qui a trouvé ce meeting « merveilleux ».
« La route est droite, mais la pente est forte », avait dit un jour un Premier ministre dans une formule bateau qui ne veut pas dire grand-chose. Mais l'auteur de la raffarinade la plus célèbre a quand même plaidé pour que Nicolas Sarkozy ménage les deux cultures de la majorité, « l'autorité et l'humanisme ». Encore un effort et il nous prendrait presque une nostalgie Raffarin !
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Comme d'habitude le paysage politique se résume a la pêche aux voix, aux invectives, mais aucun débat de fond. La situation est très grave a bien des aspects, et l'on entendra le soir du 6 mai les chants enthousiastes des "vainqueurs".......ONT A GAGNE ..............
Non Messieurs, non Mesdames, je suis désolé de vous dire que les Français ont perdu, ils ont perdu le bon sens, ils ont perdus leurs grandeurs d’âmes, et ils vont précipiter leurs enfants dans un horizon ou le ciel bleu n'existera plus en raison du chacun pour soi
A croire que la guerre manque a certains! Patience elle arrive a grand train, et pour les autres ils devront la subir, ainsi va l'homme!
La quasi totalité de la presse française est devenue le porte voix de la gauche et la malheureuse exception que constitue le Figaro vous insupporte.
J'avais observé depuis longtemps qu'aux yeux des socialistes la presse n'est indépendante que si elle est dévouée a la gauche. Vous n'avez certes pas perdu de temps pour vous assurer que le Huffington Post suive cette règle.
Vous avez, Madame, une conception de l’équilibre de l'information que je suis fier de ne pas partager.
Il est vrai que tf1 n'est pas la 1ère chaine française, ni rtl la premiere radio, que le figaro n'est qu'un journal de pacotille.
Sans compter tout ce qui est valeurs actuelles, L'Express, L'Expansion, L'Étudiant, L'Entreprise, Mieux vivre votre argent et Lire. (groupe dassault) On peut y rajouter le point, ouest france, j'en passe et des meilleurs, dont toutes les chaines du groupe m6 et de tf1.
Quelle mainmise de la gauche sur les médias! c'est trop injuste!
Vous devriez vous coiffer d'une coquille d'oeuf, ça rendrait ça amusant, à défaut d'être crédible.
Il semble que vous n'avez pas compris grand chose sur la presse.
Il ne vous reste plus qu'à lire L'Huma pour avoir la vérité de la propagande ou la Prada.
Ce qui fait la force de la démocratie c'est le pluralisme de la presse.
Et nous connaissons quelques journaux qui sont à capitaux " capitalistes " et qui ont leur liberté de parole et d'opinion.
Anne Sinclair défend ses convictions, on ne peut lui en faire le reproche, mais affirmer qu'elle joue dans la neutralité, c'est vraiment être aveugle.
Il n'en est rien Me Sinclair !! ... Forcément il faut bien que certains critiquent c'est plus fort qu'eux !! ... Même si ils disent des bêtises je dirais même ils sont de mauvaise foi !! ...
Pour ma part je suis ravie de vous retrouver sur le HUFF et j'espère pour longtemps !! (e t je sais que beaucoup d'autres personnes sont ravies de vous retrouver ) !!
super continuez de nous ravir de votre plume .......... ::-))
non Sire, c est la révolution................
et bien sûr, j'oubliais, faire remarquer aux français les goûts de chiotte de la première dame de France, ça aussi , c'est GRAND !!!!
attention quand même à ne pas aller trop loin , certains lecteurs pourraient se trouver jugés de regarder EUX AUSSI, les malheureux, cette télévision là !!!
c'est vrai que , lorsqu'on possède à domicile, quelques unes des plus belles toiles de grands maîtres de la peinture , on n'a pas à s'abaisser à allumer un méchant écran plat qui diffuse des images d'une vulgarité inouïe !!!!
que nenni, on ne s'abaisse pas chez vous !!!! on tend vers l'excellence !!!!!
effectivement, il y a toujours un problème à revenir au niveau des humbles gens que l'on prétend défendre !!! et c'est connu, plus on monte haut, plus la chute est dure !!!!!!!!! aïe aïe aïe !
http://sondages.blog.lemonde.fr/2012/02/21/353/
Et même si c'était pour de la "com'" comme vous le sous-entendez, c'est de bonne guerre... toutes les "femmes de" le font, à commencer par vous lors du reportage dans votre cuisine !
Glorifier l'inculture n'est jamais acceptable, et les émissions signalées sont pour quelques unes la lie de la télévision, l'avènement totale de la Bêtise, celle avec un grand B.
La france d'en haut s'imagine que la france d'en bas aime cela; elle le fait donc dire par l'ex mannequin qui a épouse un président: 'je suis comme vous, mon mari vous chie dessus, mais moi, j'suis tout comme vous'. Vaste fumisterie démagogique et méritant d'être dénoncée comme telle.
De plus, il faudrait prouver cette démagogie. Qu'est ce que vous en savez de ce qu'elle fait de son temps libre ? Attaque très basse !
Si, si, je vous l'assure !!!!
La Bastille c'est la 2eme rue à gauche et puis toujours tout droit.
Comme cela me semble immature le ton utilisé par cette journaliste.
Si votre président n’apparaît qu'au Figaro c'est probablement que les autres journaux sont à gauche. Alors pourquoi le lui reprocher?
Et son épouse. Je trouve qu'on cherche à la rabaisser. Pourquoi s'attaquer ainsi à l'épouse de la personne que vous estimez "coupable"?
Vous lui demandez de faire sa propre auto-critique alors qu'il est si bien critiqué par des journaux de gauche? Franchement êtes-vous sérieuse? Est-ce que vos lecteurs avalent de pareilles sornettes?
il passe dans ce journal car il est tenu par un de ses amis proches, un de ses financiers, qui est aussi un député de son parti. Si la collusion ne vous dérange pas...
Je crois que vous ne méritez pas d'avoir le meilleur président du monde occidental à votre tête.
Pour moi Sarkozy est de la trempe de Clemenceau. Je souhaite aux USA et au Québec de se trouver un pareil dirigeant.
Mr Sarkozy, en passant, merci pour la Libye.
Donc le problème ce n'est pas que ce soit vrai et que tout l'abattage en IDF soit exclusivement hallal, mais que Marine ait soulevé la question. Et si les faits sont exacts et que les Français se sentent floués en découvrant la réalité, ce sera la faute de Marine.
J'imagine que la condamnation qui vaut pour Marine vaut également pour l'émission d'Envoyé Spécial qui a lancé l'affaire quelques jours auparavant. Il faut donc désormais empêcher les journalistes d'enquêter sur des scandales pouvant créer des tensions la vérité une fois dévoilée, et les politiques de proposer une réponse; en espérant que les faits pourront être étouffés le plus longtemps possible.
Madame Sinclair nous propose une haute vision du rôles des journalistes et des politiques en démocratie.
Je suis marié à une immigrée et notre fille est métisse, c'est parce que je crois en la France une et indivisible et en la laïcité que je vais pour la première fois voter FN. J'ai en horreur le communautarisme qui est selon moi l'anti-chambre de la guerre civile.
Si le PS cessaient de courtiser les communauté à fins électorales je revoterai à gauche, en attendant, vive Marine.