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Objectifs mondiaux pour le développement, 2015 et après?

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DÉVELOPPEMENT - À deux ans de l'échéance prévue pour les huit Objectifs pour le développement (OMD), il devient urgent de prévoir l'avenir. Un Panel de haut niveau a été mis en place en juillet 2012 par l'ONU pour définir une feuille de route qui guidera les négociations intergouvernementales pour l'après 2015.

Dans cette optique, Convergences 2015, dont le président Jean-Michel Severino est membre de ce Panel de haut niveau a organisé une journée de débats autour d'experts pour réfléchir à ces futurs objectifs.

Les Objectifs du millénaire pour le développement ont été élaborés lors du Sommet Millénaire qui s'est tenu du 6 au 8 septembre 2000 au siège des Nations Unies à New York. Ils ont été adoptés par les membres de l'ONU et 23 organisations internationales et cherchent à atteindre 8 objectifs:
  • réduire l'extrême pauvreté et la faim
  • assurer à tous l'éducation primaire
  • promouvoir l'égalité des genres et l'autonomisation des femmes
  • réduire la mortalité infantile
  • améliorer la santé maternelle
  • combattre les VIH/SIDA, le paludisme et les autres maladies
  • assurer un environnement humain et durable
  • construire un partenariat mondial pour le développement

Peu connus du grand public en France, ces OMD ont pour échéance 2015. Devant l'étendue du travail qu'il reste encore à accomplir, les acteurs du développement réfléchissent déjà à de nouveaux axes de réflexion pour co-construire l'après 2015.

Dans cette dynamique, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a constitué en Juillet 2012 un panel de haut niveau pour définir l'agenda du développement pour la période d'après 2015. Ce panel est co-dirigé par Ellen Johnson Sirleaf, la présidente du Libéria et le Premier ministre du Royaume-Uni, David Cameron. Un rapport sur les avancées des OMD et les recommandations pour l'agenda du développement post-2015 sera rédigé d'ici fin mai 2013.

Seul Français de ce panel, Jean-Michel Severino, ancien directeur de l'Agence française de développement (AFD) est l'actuel président de Convergences 2015, plateforme mondiale d'actions et de décisions réunissant les acteurs engagés dans la lutte contre la pauvreté. Convergences 2015 organise, entre autre, tous les ans un forum mondial pour que les professionnels puissent échanger sur les solutions innovantes de lutte contre la pauvreté et la précarité en Europe et dans le monde.

Le 18 février dernier, Convergences 2015 a organisé partenariat avec la Ferdi, l'Iddri et le ministère des Affaires étrangères une journée de débats avec des experts nationaux et internationaux pour réfléchir sur les futurs objectifs du développement. Plus de 160 représentants de la société civile étaient présents pour échanger sur leur vision de l'après 2015.

Le bilan de cette journée dévoile quelques grands axes de réflexion, notamment afin de promouvoir une approche pluridimensionnelle du développement. Voici les pistes dégagées.

  • Une approche pluridimensionnelle du développement doit intégrer une nouvelle définition du développement, redéfini à la lumière des nouvelles évolutions du contexte international.

Ces changements impliquent aussi bien une hausse de la pauvreté dans les pays du Nord, que l'émergence des pays du Sud qui doivent désormais compter avec d'autres enjeux à bien articuler. Il est important d'apporter une définition claire et concise de ce qu'implique la notion même de développement, ainsi que de déterminer l'échelle pour engager des actions. C'est grâce à une redéfinition claire de ces concepts que naîtra une vraie efficacité d'action.

  • La gouvernance des modes d'interaction est évidemment à revoir, devant des sujets pluridimensionnels qui impliquent différents niveaux de gouvernance.

Il est donc fondamental de définir quelle sera la meilleure manière d'arbitrer entre ces différents niveaux. Plusieurs pistes d'arbitrage ont été évoquées: le législateur, une instance internationale, des experts, les ONG?

  • La question des moyens est également essentielle, le soutien financier doit être mixte et pas seulement celui de l'État ou des acteurs privés ou locaux.

De même, l'approche de l'intervention devra se faire à plusieurs niveaux, en prenant en compte de nouveaux acteurs telles que les communautés de voisinage qui disposent sur le terrain de structures efficaces pour déployer une approche pluridimensionnelle.

  • Afin de repenser le modèle économique, il est nécessaire de promouvoir de nouveaux types de modèles comme ceux de l'économie sociale et solidaire, l'économie circulaire et l'économie de fonctionnalité qui permettent de faire face à la financiarisation de notre économie actuelle.

Une Charte universelle pourrait définir globalement ces concepts, définir et réaffirmer un certain nombre de principes éthiques avec l'alignement d'une liste d'indicateurs.

Ces indicateurs d'avèrent utiles, même s'ils peuvent montrer certaines limites, et les États doivent se doter de véritables boîtes à outils, méthodes d'approche pour travailler pertinemment en faisant émerger bonnes connaissances, statistiques et reporting efficace. Du point de vue qualitatif, ce reporting pourrait être fait aussi du point de vue humain avec un échange de bonnes pratiques, un retour d'expérience.

  • Le socle des OMD doit être maintenu et adapté. Au niveau de l'ONU, il est essentiel de garder une feuille de route lisible et simple.

La journée s'est déroulée autour de nombreuses séances de travail sur les aspirations de la jeunesse et comment y répondre, la lutte contre les inégalités, l'égalité femme-homme, la protection sociale dans l'emploi, l'éducation, la sécurité nutritionnelle, la croissance verte, les types de gouvernances à promouvoir, les migrations et la santé.

Autant d'échange d'idées et de concepts qui ont permis à cette journée de jeter de solides bases pour alimenter les discussions du haut panel et étoffer la feuille de route qui guidera les négociations intergouvernementales pour l'après 2015.